Pour être honnête, je n'ai pas essayé.
Je mène vraiment (vraiment) une vie bizarre, ces temps-ci.
Y a plus rien de pareil.
Dites que c'est la fatalité, et que oui, tout finit par changer, rien n'est plus jamais pareil.
A chaque aube, le monde nait, et meurt de l'autre côté, pour mieux mourir ici à la nuit tombée et renaitre là-bas. Mais plus il tourne sur lui-même et autour de son dieu, plus il se perd, le pauvre. Plus il avance, moins il est beau...
Peut-être que la ronde de notre chouette Terre et celle de son putain de soleil et de ses huits copines ne sont pas qu'une preuve que, comme nous le répète la physique, le monde est rond et tourne (en) rond. Peut-être est-ce juste le reflet de notre propre nature.
A l'échelle d'une vie...
On va de l'infantile au sénile. De l'inexistence à la mort. C'est normal et inévitable.
Tout ce qu'on apprend est perdu un jour, fatalement.
Tout ce qu'on vit sombre dans l'oubli.
Tu es né poussière et tu retourneras à la poussière, c'est pas vrai?
A l'échelle d'une année...
On nait un premier janvier avec des belles promesses, de grandes résolutions, de teribles espoirs et une méchante envie d'avancer.
On meurt un trente et un décembre en comprenant soudain, alors que le coup de minuit va retentir, qu'en dépit de tout et contre tout, on est toujours pareil, rien a changé et pourtant tout est différent.
On a vécu, on a appris, on a compris, on a désappris, on a rien compris.
Pareil mais différent. Comme chaque année. Elles ont toutes douze mois et 365 jours ou presque mais elles restent différentes les unes des autres. Malgré leur grande immuabilité.
A l'échelle d'un jour...
On est une personne à l'aube, une autre au crépuscule mais souvent, elles se ressemblent tellement qu'on ne voit pas la différence. Entre la vraie et la copie, chercher l'erreur.
Sauf que la copie est vraie. Juste différente. Fatalement.
Celle d'hier est morte mais celle d'aujourd'hui est-elle vraiment si différente?
J'ai envie de croire que oui.
Personne n'aime aller en cours. Même si on y voit nos amis, qu'on apprend des trucs qui quoi qu'on en dise, finiront surement par nous servir. On n'aime pas.
Peut-être parce que du lundi au vendredi, tout se ressemble. On est entrainés dans un cercle répétif aussi confortable que déplaisant. Et on a l'impression de ne pas avancer. D'être enlisé dans une putain de routine qui nous étouffe petit à petit.
Peut-être est-ce juste moi qui ai cette impression.
J'aime vivre la nuit. Je n'ai jamais cherché à savoir pourquoi.
Toujours est-il que quand je me couche et qu'il fait clair, quand je me lève et qu'il fait nuit, rien n'est jamais pareil. Ca n'a pas de rapport avec les matins répétitifs que l'on se tape tous depuis cinq ou six ans. Et passer mes nuits à ne rien faire vraiment, et aller dormir quand je sais que tout le monde se lève, et avoir l'impression qu'il n'y a plus de jour dans ce monde...
C'est détendant.
...
Faut aussi dire qu'actuellement, je n'ai pas le courage d'entrer dans ma chambre quand la nuit est tombée. C'est ridicule mais c'est au dessus de mes forces.
Ce soir, il faudra bien...

