si ca vous fait chier, passez. Quand j'aurais les photos de malte... Que je n'ai pas. Et quand j'aurais retrouvé le fameux poème... Que je n'ai pas encore retrouvé. Je parlerais de quelque chose d'autre que l'abstrait et moi (les deux choses n'ayant rien en commun). En attendant...
Oh, et puis pourquoi je devrais écrire pour les autres?
J'aimerais mener une vie si égoïste... Mmh, avec quelques exceptions.
Soit.
Le monde est un livre qui a 6 milliards de pages. Chaque page est un homme, une femme ou un enfant. La reliure de ce livre c'est notre Terre qui souffre du poids de tant de pages mais qui continue de tenir bon malgré toutes ses fissures.
De nouvelles pages apparaissent toujours à la fin du livre, des pages encore vierges et sans mots. Et d'autres pages, au début du livre, celles-là pleine de mots et trop remplies se détachent. Car c'est leur destin. Les mots apparaissent de plus en plus au fil de l'existence de ces pages et quand il n'y a plus de place pour aucun mot, leur propre poids les fait vaciller et elles se détachent du livre pour sombrer dans l'oubli.
Où elles tombent? Seules elles le savent.
Mais même en évitant de trop vivre, les mots apparaissent et les pages se remplissent. Les pages le savent alors elles cherchent à remplir leur existence et leurs faces de mots qui signifient quelque chose. Mais beaucoup de pages sont remplies de mots qui ne signifient rien grand chose. Ces pages remplies de vide disparaissent aussi. Peut-être plus tristement pour les autres, peut-être plus joyeusement pour elles.
Parfois des pages qui ne sont pas complètement remplies, parfois même vierges se détachent quand même. Et les autres pages se demandent pourquoi alors qu'elles avaient encore tant de place pour écrire.
Les pages n'ont que deux voisines. Elles ne peuvent pas vraiment en avoir plus même si elles aiment croire que oui et même s'il y a quelques exceptions à cela. Mais en soi, elles n'ont que deux pages. Dans ces deux pages, l'une sera la sienne, l'autre pas. Souvent les gens pensent avoir trouvé la bonne page alors que c'était l'autre mais déjà il est trop tard. Peut-être est-ce un manque de chance ou un manque de discernement si une page ne trouve pas son ame soeur. Peut-être même cette page n'est-elle pas à côté d'elle mais bien plus loin dans le livre. Et quand mille ou un million ou un milliard de pages vous séparent, comment pourrait-on s'aimer ou même se voir? C'est la dure réalité du livre. Tout dépend d'où l'on tombe. Tout dépend de ces voisins. Si on a pas eu de chance, peut-être vaut-il mieux abandonner.
Car, quoiqu'on fasse, notre page se remplira avec ou sans l'autre page ame-soeur et elle disparaitre dans les ténèbres de l'oubli. Toujours.

